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Traverser le deuil

 
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carole30


Hors ligne

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MessagePosté le: Sam 21 Avr - 08:17 (2012)    Sujet du message: Traverser le deuil Répondre en citant

Voilà je ne sais pas si vous connaissez ce site, http://www.traverserledeuil.com/
il y a des choses intéressantes.
Je viens de relire cette partie et ça m'aide à comprendre un peu mieux certaines personnes, même si je trouve que c'est extrêmement difficile pour moi de ne pas toujours avoir de retour à mes messages.... Enfin bref, ça n'est pas grave.


Aider un proche en deuil

C’est difficile d’aider quelqu’un en deuil ! Vous ne vous sentez pas à la hauteur et vous avez peur de mal faire. Quelques conseils pour vous aider à mieux accompagner.
8 clefs pour mieux accompagner un proche en deuil

Comprenez ce que traverse cette personne en deuil
Offrez votre écoute
Que dire pour vraiment aider ?
Trois conseils importants
Eviter les paroles malheureuses
Proposez une aide concrète
Préservez le souvenir de la personne disparue
Acceptez vos limites (et celles de la personne en deuil) et n'oubliez pas de prendre soin de vous !
Comprenez ce que traverse cette personne en deuil
Pour vraiment aider quelqu’un en deuil, il est important que vous compreniez ce que cette personne est en train de vivre. En effet, beaucoup de gens ont des idées complètement fausses sur les besoins réels d’une personne en deuil et ils ignorent tout de la réalité du processus de deuil. C’est peut être le cas aussi pour vous ! Cette méconnaissance risque de vous conduire à faire des erreurs qui peuvent blesser involontairement, alors que vous pensiez faire du bien !

La personne que vous accompagnez traverse des bouleversements dont vous avez du mal à imaginer la profondeur… Dans les mois (et les années !) à venir, elle va avoir des émotions et des comportements que vous allez peut être juger « inhabituels » ou « anormaux » ; par exemple : le besoin de parler, sans cesse, de la personne disparue, le besoin de mettre partout ses photos ou de porter ses vêtements, le fait de souffrir d’une culpabilité démesurée (à vos yeux) ou d’éprouver de la colère ou encore d’être plongée dans une détresse qui semble sans limite…

D’un autre côté, elle peut aussi vous paraître calme et souriante ; elle va au cinéma et accepte d’aller dîner chez des amis… etc. De là, vous pouvez facilement vous imaginer que, finalement, elle ne va pas si mal que ça et que, 6 mois après le décès de la personne qu’elle aime, elle est déjà en train de reprendre du poil de la bête. La réponse est claire et nette : c’est totalement faux ! Dans l’immense majorité des cas, ce que vous montre cette personne est une façade : elle ne veut pas déranger, elle ne veut pas faire peser sa peine sur vous. Mais la réalité est qu’elle est dans une souffrance et dans une détresse que vous avez réellement du mal à concevoir, si vous n’êtes jamais passé(e) par là, vous même.

Comprenez que toutes ces émotions et tous ces comportements sont strictement normaux. La rubrique « Comprendre le processus de deuil » de ce site vous donnera des clefs de compréhension très précieuses pour accompagner efficacement cette personne.
  
Offrez votre écoute
Le besoin le plus fondamental d’une personne en deuil est de parler de la personne qu’elle a perdue. Ce besoin va être présent en elle, pendant très longtemps (pendant des mois, des années). De là, lui offrir votre écoute – sur la durée - est le cadeau le plus précieux que vous puissiez lui faire.

Offrir votre écoute, c’est simplement être ouvert(e) et présent(e), avec tendresse et attention, à ce qu’elle vous dit. Cette personne a besoin d’exprimer ses émotions en toute sécurité, sans craindre d’être jugée, ou condamnée, ou d’être rassurée trop vite. De là, vous pouvez lui offrir un environnement de sécurité et de confidentialité où elle peut s’ouvrir à vous, sans risque d’être brutalement interrompue ou remise en question à chaque phrase.

Ne cherchez pas (tout de suite) à l’apaiser…

Un point très important : Cette personne a besoin que vous acceptiez sa souffrance, sans que vous essayiez immédiatement de l’apaiser.

Elle a besoin que vous « validiez » et que vous reconnaissiez authentiquement sa douleur. Elle a besoin que vous preniez vraiment acte de sa perte et de sa difficulté à vivre, sans cette personne aimée. C’est extrêmement important pour elle. Soyez rassuré(e) : vous n’« enfoncez » pas cette personne, quand vous lui dîtes (avec vos mots à vous) : « Oui, je reconnais ta souffrance. Je la vois ; elle est réelle à mes yeux ».  Quand vous reconnaissez l’authenticité de sa douleur, vous l’aidez à intégrer la réalité de ce qui s’est passé dans son existence.

De plus, n’essayez pas de la consoler trop vite car l’expression active de la peine fait partie de son travail de deuil. Cette personne a parfois besoin d’aller jusqu’au bout de son émotion (colère, culpabilité, désespoir…), avant de commencer à aller mieux. Ne cherchez donc pas à minimiser sa peine, en essayant de faire en sorte que tout « rentre dans l’ordre » au plus vite. C’est peine perdue : sa vie est changée à tout jamais et elle a besoin, avant toute chose, que vous le reconnaissiez.
  
Que dire pour vraiment aider ?
C’est la grande question que se posent tous les proches qui souhaitent aider une personne en deuil : « Que dire à une personne en deuil ? J’ai peur de faire des bêtises ou de dire n’importe quoi… ».

Pour vous aider, voici un « kit de survie relationnel » qui va vous permettre de poser les questions qui sont vraiment utiles à une personne en deuil (car elles correspondent à ses besoins spécifiques) :


  1. Invitez-la à vous parler de la personne qu’elle a perdue et de la relation qu’elle entretenait avec elle :

    « Parle moi de ton mari/enfant/parent… Qui était cette personne ? Comment était votre relation ? Raconte-moi ! ».

    La personne en deuil que vous accompagnez ne demande qu’une chose : parler du proche qu’elle a perdu. C’est un besoin extrêmement pressant durant les premiers mois du deuil. Rassurez-vous : il n’est pas du tout dangereux de parler de la mort de cette personne. Paradoxalement, cela fait du bien à la personne en deuil et cela l’aide à avancer intérieurement. Evidemment, parler de la personne disparue va faire venir des larmes et vous pouvez en conclure – à tort ! – que parler d’elle lui fait du mal et qu’il est donc préférable de se taire. C’est faux : offrir votre écoute, c’est aussi apprendre à être confortable auprès de quelqu’un qui pleure, sans partir en courant car vous ne savez plus quoi faire.
    N’hésitez pas, par exemple, à lui demander de regarder ensemble des photos, afin qu’elle les commente, en détail, avec vous. N’ayez pas peur de sa peine.

  2. Invitez-la aussi à parler de ce qui s’est passé.

    Faites-lui raconter les circonstances de la maladie, les circonstances de la fin de vie, le récit de l’accident ou du suicide… etc. Cela peut vous paraître macabre de revenir sur de tels événements, sachez que c’est indispensable pour la personne en deuil : elle a réellement besoin d’en parler. Sachez aussi que ce besoin peut persister pendant des mois ; il est donc important que vous laissiez cette personne y revenir spontanément, encore et encore, sans jamais lui dire : « Attends : on ne pourrait pas passer à autre chose ?... ».

  3. Posez-lui aussi très régulièrement la question suivante : où en es-tu aujourd’hui… ? Il y a 5 aspects à explorer dans cette question :

    • Où en es-tu aujourd’hui, au niveau physique ?

      Explorez avec elle comment elle prend soin d’elle : sa santé, son sommeil, son alimentation, son hygiène de vie en général.
      Regardez là où vous pouvez (et là où vous avez envie) de lui être utile : s’il y a un problème de santé qu’elle néglige, par exemple, proposez-lui de l’accompagner chez le médecin. Invitez-la à ne jamais laisser traîner un problème de santé.

  • Où en es-tu aujourd’hui, psychologiquement ?

    Explorez avec elle ses émotions et aidez-la à les exprimer, sans jugement : la peur, la colère, la culpabilité, la tristesse, la perte de sens… Vous n’avez pas besoin d’être « psy » pour cela : suivez votre cœur, écoutez et n’essayez pas d’apporter des réponses. Contentez vous d’être présent(e) et attentif (ve) à ce qu’elle vous dit : cela suffit amplement.

  • Où en es-tu aujourd’hui, dans ta relation avec les autres ?

    Assurez-vous régulièrement que cette personne ne s’isole pas trop, même si les moments de solitude lui sont indispensables. « Es-tu bien entouré(e) ? Comment réagissent tes proches, tes enfants, ton épouse, tes collègues, tes amis… etc. ? ». Laissez-la aussi exprimer sa joie d’être soutenue… ou son amertume à se sentir abandonnée par certains…

  • Où en es-tu aujourd’hui, matériellement ?

    On n’y pense pas toujours, mais c’est une dimension à examiner : « Es-tu confronté(e) à des difficultés matérielles ou à des problèmes financiers qui demandent des actions spécifiques ? Où en es-tu dans tes démarches administratives ? As-tu besoin d’aide ? Souhaites-tu que je t’accompagne à la banque pour faire le point ? »

  • Où en es-tu aujourd’hui, spirituellement ?
    La quête de sens et la remise en question des valeurs et des croyances sur la vie seront des enjeux importants au cours de son deuil.

Les réponses que la personne va vous faire ne seront jamais définitives car elles vont considérablement évoluer au fil du temps. Vous pouvez l’aider, en lui permettant de mettre des mots sur ce qu’elle pense. D’où l’importance de poser régulièrement cette question… Ne vous désespérez pas devant les réponses très sombres qu’elle pourra vous faire: elle est dans un profond remaniement intérieur et elle doit traverser un « no man’s land spirituel », avant de pouvoir se reconstruire…
  
Trois conseils importants
 
  1. Encouragez la répétition !

    N’hésitez pas à poser ces mêmes questions, encore et encore : les réponses vont changer au fil des mois. Rappelez-vous : le deuil n’est pas un état fixe, c’est un processus sans cesse évolutif et il faut l’accompagner dans son déroulement. Rien n’est définitif !
    Vous aurez aussi vite l’impression que la personne en deuil parle « en boucle » de son malheur. Ceci est le propre du travail de deuil. Sachez que ces répétitions lui sont absolument indispensables. Encouragez-la à se répéter, même si elle vous parle toujours de la même chose. Essayez de ne pas changer de sujet, même si ce qu’elle vous dit est douloureux ou difficile à entendre…

  2. Soyez patient(e)…

    Essayez de résister au désir que cette personne avance plus vite qu’elle ne le peut. Le processus de deuil prend beaucoup plus de temps que vous n’imaginez. Il est donc important de respecter son rythme, même s’il vous paraît trop lent ! De là, soyez vigilant(e) à ne pas donner trop de conseils qui lui permettraient « d’aller plus vite »; rappelez-vous : le deuil est unique et spécifique de chaque personne. Ce qui « marche » pour une personne donnée peut ne pas « marcher » pour une autre.

  3. Accueillez le silence

    Le silence, c’est bien aussi ! C’est parfois ce qui aide le plus. Apprenez alors à rester assis(e) en silence auprès de cette personne en deuil. Ou encore, vaquez tranquillement à des activités dans la maison, sans vous sentir obligé(e) de lui parler. Votre simple présence, silencieuse et affectueuse, peut suffire à l’apaiser, quand elle ne souhaite pas parler, ou quand elle est trop fatiguée pour le faire.
  
Eviter les paroles malheureuses
Même si vous êtes animé(e) des meilleures intentions, il y a parfois des paroles qui peuvent faire beaucoup plus de mal que de bien ! Voici quelques exemples à éviter à tout prix :


  1. « Avec le temps, la douleur va disparaître »

    Ceci est vrai et faux, en même temps :

    • c’est vrai car, effectivement, au fil du temps, la douleur va s’estomper, mais il y aura des moments où elle reprendra périodiquement de la force (aux dates anniversaires par exemple).
    • c’est faux, car le temps n’apporte pas un soulagement progressif et linéaire. D’ailleurs, au cours du deuil, le temps seul ne suffit pas à apaiser la peine : l’apaisement vient quand la personne accomplit un authentique travail de deuil et c’est sa responsabilité de s’y atteler : elle seule peut le mettre en œuvre. C’est seulement à ce moment là que le temps deviendra, pour elle, un allié.
[*]« Ne ressasse pas tout le temps la même chose ; tu te fais du mal ! »

… ou encore :
« Arrête de regarder ses photos, tu te fais du mal »
« Arrête de ressasser tous ces souvenirs, tu te fais du mal »
« Jette au plus vite toutes ses affaires, ça te fait du mal »

Ce conseil est à l’opposé de ce dont la personne en deuil a besoin pour aller mieux ! En effet, « ressasser » est au cœur du travail de deuil ! Il lui est d’ailleurs impossible de ne pas « ressasser » : elle ne peut pas faire autrement.
Même si vous ne comprenez pas cette logique, sachez que c’est véritablement en « ressassant » que la personne en deuil parvient à « user » les émotions sur lesquelles elle revient sans cesse : c’est ainsi qu’elle s’apaise. Si elle ne les « ressasse » pas, ses émotions restent intactes et elles conservent leur douloureuse intensité ! Ce (mauvais) conseil détourne la personne en deuil du travail qu’elle a à accomplir. Il faut, au contraire, l’encourager à exprimer ses émotions et être prêt(e) à les accueillir, même si on a l’impression qu’elle tourne en rond.

[*]« Il est temps de tourner la page ! »

… ou encore :
« Il faut passer à autre chose maintenant »
« Il faut te tourner vers l’avenir maintenant »
« Alors, secoue-toi ! Sors ! Fais des choses qui te font plaisir ! »
« Allons! Prends sur toi ! Tu ne peux pas rester à te complaire dans ton malheur »

Très souvent, ces phrases surviennent bien trop tôt dans le processus de deuil (quelques mois à peine après le décès !). Prenez conscience que vous êtes en train de demander à cette personne quelque chose d’impossible à réaliser. Elle n’est pas encore prête à « tourner la page », même après un an ou un an et demi. Le processus de deuil est beaucoup plus long que vous ne le croyez.
De plus, vos paroles peuvent être comprises comme : « Il est temps que tu oublies », alors que c’est la dernière chose qu’elle a envie de faire ! Et elle peut vous en vouloir de lui dire cela… Enfin, il se peut que cette phrase soit le reflet de votre propre impatience face à un processus de deuil que vous jugez trop long… Aider quelqu’un en deuil, c’est apprendre à s’ajuster à son rythme… même si ce rythme est très lent !
Ne parlez pas trop vite à la personne en deuil de la nécessité de se « reconstruire ». Si elle ne se sent pas encore prête, cela peut la « plomber » et la culpabiliser de ne pas avancer assez vite… Bien sûr, la reconstruction se fera (c’est la 4ème étape du processus de deuil), mais elle se fera en son temps (dans un an ou parfois beaucoup plus…). Laissez donc au processus de deuil le temps de se dérouler en elle et cheminez tranquillement à ses côtés, en lui laissant suivre son rythme et sans vouloir court-circuiter trop vite les incontournables étapes de son deuil.
  
Proposez une aide concrète
Avant toute chose, avant de proposer votre aide, faites le point avec vous-même : prenez soin d’évaluer ce que vous pouvez faire – et surtout ce que vous avez envie de faire pour cette personne. Assurez-vous aussi que vous pourrez apporter votre aide sur la durée. Votre fiabilité est, en effet, primordiale. La personne en deuil est à fleur de peau et elle ne sait plus où elle en est ; il est donc très important que vous soyez fiable. Comprenez que tout manquement à votre parole risque d’être aussitôt perçu comme un abandon de votre part !

Allez au devant des besoins

La personne en deuil redoute de faire peser sa peine sur autrui. De là, évitez cette erreur très fréquente qui consiste à lui dire : « Appelle moi si tu as besoin de quelque chose ». Vous pouvez être certain(e) qu’elle ne va pas le faire ! Elle craint de vous déranger, même si vous lui assurez que ce n’est pas le cas.
Comprenant cela, n’hésitez pas à aller au devant d’elle, le plus souvent possible. Anticipez ce dont elle pourrait avoir besoin et demandez-lui si cela lui convient. Demandez-lui de quelle aide elle a le plus besoin. Revenez souvent à la charge, quand vous proposez quelque chose : ce qu’elle a refusé un jour, peut être accepté, avec joie, un autre jour ! L’humeur des personnes en deuil change très rapidement. C’est une caractéristique du vécu du deuil ; essayez de vous y ajuster !

Proposez des aides concrètes

Aider quelqu’un en deuil, ce n’est pas que lui proposer une écoute attentive, c’est aussi l’aider à (re)trouver sa place dans son nouveau quotidien. Elle a perdu de nombreux points de repères. Vous pouvez lui proposer des choses extrêmement concrètes, comme, par exemple, l’aider à ranger ou à trier les affaires de la personne décédée, ou vous occuper d’aller chercher ses enfants à l’école, deux jours par semaine, ou encore lui proposer de l’aider à faire sa déclaration d’impôts… La liste est sans fin !

Le secret est là : demandez lui régulièrement « De quoi as-tu besoin aujourd’hui ? En quoi puis-je t’aider ? » - Aidez-la à formuler ses besoins, ses désirs, ses attentes, tout en comprenant qu’elle a peut être du mal à penser, à réfléchir et à identifier ses propres besoins. Ceci est normal au cours du deuil.

Vous pouvez aussi aider concrètement cette personne en lui offrant, en cadeau, le programme d’accompagnement du deuil que vous trouverez sur ce site.

Cette personne vous attend, sans oser le dire !

Comprenez que, très souvent, la personne en deuil espère secrètement qu’autrui vienne au devant d’elle, pour la sortir de sa détresse. Elle souffre de se sentir différente ; elle se vit comme « hors de la vie », ou comme une pestiférée qui ne mérite que d’être oubliée dans un coin. Elle souffre d’une solitude dont vous ne mesurez pas l’intensité.

Comprenez que la plupart des proches d’une personne en deuil n’appelle plus, après quelques mois et ne prend plus de nouvelles. C’est terrible à vivre pour elle, car cela la conforte dans l’idée qu’elle n’appartient plus au monde des vivants. Essayez de ne pas faire partie de ces personnes qui « oublient » que le deuil est un long processus qui dure largement plus que quelques mois…

Ne pensez pas non plus que, si la personne en deuil ne vous appelle pas, c’est parce qu’elle préfère rester seule. C’est souvent faux ! Bien sûr, elle a besoin de moments de solitude, mais elle attend aussi des propositions de sorties ou des invitations, sans oser les demander. Mais, en même temps, elle peut refuser systématiquement tout ce que vous lui proposez ! Cela semble contradictoire, mais cette attitude paradoxale entre le besoin de contact et le refus de tout contact est très fréquente chez les personnes en deuil. Il faut le comprendre et renouveler sans cesse vos invitations, sans vous décourager si elle dit « non », à chaque fois. Un jour, elle vous dira « oui »…

Proposez des « breaks »

N’oubliez pas, non plus, de lui proposer des choses agréables. La personne en deuil acceptera ou non (ne vous formalisez pas !), mais, si elle accepte, cela sera, pour elle, un « break » salutaire dans le vécu de son deuil. Prenez conscience aussi qu’il est possible qu’elle se sente coupable, dans l’après coup, d’avoir pris du bon temps avec vous. En effet, certaines personnes en deuil s’interdisent, plus ou moins consciemment, d’éprouver du plaisir ou de la joie, alors qu’elles viennent de perdre un proche. Elles s’imaginent qu’elles le trahissent et elles se culpabilisent car elles croient qu’elles sont en train de l’oublier – même si, bien sûr, ce n’est pas le cas.
Vous pouvez l’aider en lui présentant son deuil comme une longue ascension de l’Himalaya : elle a besoin de s’arrêter aux différents « camps de base », afin de reprendre des forces, de temps en temps. Ces temps d’arrêt et de ressourcement ne signifient pas qu’elle oublie son ascension. 

Prenez conscience des efforts silencieux de cette personne


Comprenez aussi que cette personne en deuil fait un effort énorme quand vous l’invitez et qu’elle tente de faire « bonne figure » en société. C’est compréhensible : elle se culpabilise de lasser ses proches, en leur imposant, sans cesse, le spectacle désolant de sa douleur (surtout quand cela fait longtemps qu’elle est en deuil). Elle ne veut pas alourdir l’ambiance par sa peine, mais sachez que cet effort qui consiste à « prendre sur elle » est épuisant. Reconnaissez-le et faîtes lui comprendre qu’elle n’a pas besoin de mettre un masque social, quand elle est avec vous. Laissez-la être comment elle souhaite être : parfois souriante… parfois apaisée… parfois triste… parfois angoissée… parfois en retrait… parfois très présente… Elle comprendra alors qu’elle n’a pas besoin de jouer un rôle avec vous et elle vous en sera très reconnaissante.
  
Préservez le souvenir de la personne disparue
Préserver le lien avec la personne disparue et construire un nouveau lien intérieur avec elle constituent la 3ème tâche du travail de deuil. C’est d’ailleurs un besoin presque viscéral pour elle.

Ne supposez donc jamais que, si la personne en deuil ne parle pas de l’être cher qu’elle a perdu, c’est parce qu’elle n’y pense pas. C’est une erreur colossale car la réalité est qu’elle y pense à chaque instant ! Elle est intensément focalisée sur cette personne, qu’elle en parle ou non. Ainsi, vous vous trompez quand vous pensez qu’il est préférable de ne pas lui parler de la personne disparue, en croyant que cela va lui permettre de ne pas souffrir : c’est totalement faux ! Elle a, bien au contraire, infiniment besoin de vous en parler.

On enferme la personne en deuil dans sa solitude, quand on l’empêche de parler de la personne qu’elle a perdue, ou quand on évite soigneusement d’en parler (au cours d’un dîner entre amis, par exemple), de crainte de lui faire du mal. En fait, elle n’attend que ça : elle guette le moment où vous allez mentionner le nom de la personne disparue, sans qu’elle ait à faire, elle même, le premier pas. Il se peut que vous ne disiez rien, au cours du dîner ou de la rencontre, parce que vous pensez que cela va raviver le chagrin. Mais le chagrin est là de toutes façons !!! Parler ne va pas l’augmenter mais, au contraire, cela va l’atténuer – aussi étrange que cela puisse vous paraître ! La personne en deuil souffre énormément du silence qui s’installe insidieusement autour de la personne qu’elle a perdue. Elle redoute qu’on l’oublie trop vite et que, d’une certaine manière, cette personne ne meure une seconde fois. 

Cette personne en deuil sera donc extrêmement sensible à toutes les occasions où vous évoquez spontanément la personne disparue. Parlez de la personne décédée et évoquez son souvenir, même longtemps après son décès. Rappelez les jours heureux, les anecdotes amusantes, les aspects positifs de leur relation d’autrefois ; évoquez aussi ce que cette personne disparue a apporté de positif dans votre vie… etc. Cela va lui faire du bien.

Anticipez la date anniversaire du décès

C’est un point important. Sachez que la date anniversaire du décès réactive toujours la souffrance d’autrefois, même si le décès remonte à plusieurs années. C’est une composante normale et non pathologique du deuil. De là, pensez à vous manifester lors des dates anniversaires (date anniversaire du décès, mais aussi dates de naissance, de mariage…).  Vous pouvez aussi lui proposer de créer ensemble un petit rituel pour ce jour particulier : planter un arbre, aller au cimetière déposer des fleurs, prendre un bon repas avec d’autres amis, à la mémoire de la personne disparue… etc.
Il en va de même lors des périodes de l’année qui sont particulièrement difficiles à vivre pour une personne en deuil (les fêtes de fin d’année, les vacances, la fête des mères, la fête des pères…). N’hésitez pas à lui envoyer, quelques jours avant, un message de soutien et d’affection et demandez ce dont cette personne pourrait avoir besoin, ce jour là. Ne pensez jamais que cela va la blesser, bien au contraire !
  
Acceptez vos limites (et celles de la personne en deuil) et n'oubliez pas de prendre soin de vous !
Que signifie « accepter vos limites » ? C’est, par exemple, dire : « Je ne sais pas », « Je ne comprends pas ce que tu ressens », « Je ne peux pas faire ce que tu me demandes ». C’est aussi reconnaître que vous n’avez pas à porter la douleur de cette personne. Même si vous avez, pour elle, beaucoup d’amour ou d’affection, vous n’êtes pas responsable d’elle, ni de sa souffrance ! La peine et la douleur sont la texture même du deuil ; il vous est impossible de les enlever du cœur de cette personne. Vous ne pouvez pas réparer cette personne ; elle est seule sur son chemin et vous ne pouvez que marcher à ses côtés – mais c’est déjà énorme ! Il est donc indispensable que vous acceptiez un certain degré d’impuissance face à la détresse qui se déploie devant vous, même si c’est parfois extrêmement difficile à vivre...

Aider quelqu’un en deuil peut être fatiguant, il est donc nécessaire que vous preniez soin de vous. C’est à cette condition que votre aide pourra s’inscrire dans la durée. Apprenez à dire « non » parfois, et donnez tout ce que vous pouvez, quand vous en sentez l’énergie. Ne vous demandez pas plus que vous ne pouvez donner : vous risquez de vous épuiser et finalement, de fuir cette personne. Elle sera en colère et vous vous sentirez coupable !

Que faire si elle refuse mon aide ?

Que faire si la personne en deuil que vous souhaitez accompagner refuse votre aide ou refuse de parler ? Ceci est votre limite : cette personne est seule responsable de comment elle accepte d’être aidée. Si elle refuse de s’aider elle même, vous ne pouvez rien faire. Vous ne pouvez pas vous demander l’impossible !

Enfin, si la situation devient trop difficile pour vous, ou si vous êtes très inquiet(e) par la tournure que prend le deuil de cette personne, ne restez pas seul(e) avec vos peurs et vos interrogations ! Il faut savoir céder votre place et reconnaître que ce qui se passe dépasse vos capacités. Cette personne a peut être besoin d’une aide professionnelle. Vous pouvez alors l’orienter vers une personne qualifiée qui lui apportera l’aide dont elle a besoin (les associations d’accompagnement du deuil ont souvent une liste de thérapeutes qui connaissent bien le deuil - voir « Les associations »). Il faut savoir passer la main, tout en continuant à donner ce que vous pouvez donner.


En conclusion…

Aider une personne en deuil est une belle et profonde démonstration d’amour et d’affection. Votre aide, pendant le deuil, peut véritablement changer le cours de l’existence d’une personne. Bien que cet accompagnement soit souvent difficile et exigeant, il porte néanmoins la promesse d’une croissance intérieure dont vous pouvez être l’acteur/l’actrice privilégié(e).

Quoi qu’il se passe, tenez bon face à la détresse qui va immanquablement se déployer devant vous, même quand, vous même, vous aurez des doutes sur l’efficacité de l’aide que vous apportez. Le deuil est un marathon, une course de longue haleine, mais on arrive toujours à la ligne d’arrivée. Enracinez-vous dans la conviction que cette personne va, un jour, sortir de sa souffrance. Et ce jour là, vous vous réjouirez, tou(te)s les deux, du chemin parcouru ensemble.
_________________
Je voulais simplement te dire
Que ton visage et ton sourire
Resteront près de moi
Sur mon chemin...

à Rémi et Amélie....


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MessagePosté le: Sam 21 Avr - 08:17 (2012)    Sujet du message: Publicité

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NinianGraham


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MessagePosté le: Mer 9 Mai - 12:41 (2012)    Sujet du message: Traverser le deuil Répondre en citant

Merci pour ces conseils ... je vois ainsi que c'est "normal" de ressasser ...
_________________
Fan de Renée Vivien (1877-1909)
Ninian Graham est un de ses personnages


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Unita


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MessagePosté le: Sam 19 Mai - 21:48 (2012)    Sujet du message: Traverser le deuil Répondre en citant

Merci carole30 pour ces liens, je suis en train de visionner "vivre le deuil de son conjoint" et cela me fait du bien, en cette soirée morose.
_________________
"La grandeur de l'Homme est dans sa décision d'être plus fort que sa condition." - Albert Camus.


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ELLIE


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Messages: 639
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MessagePosté le: Mer 23 Mai - 15:58 (2012)    Sujet du message: Traverser le deuil Répondre en citant

Oui Unita, c'est pour les "non edeuillés" une drole de façon de se faire du bien..mais pour nous ça l'est...
_________________
Est-ce qu'il y quelquechose de plus beau que l'amour? Rien ne fait aussi mal que de le perdre.
Le chagrin ne se console pas, il se distrait.


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Unita


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MessagePosté le: Lun 4 Juin - 23:13 (2012)    Sujet du message: Traverser le deuil Répondre en citant

Peu importe s'ils ne comprennent pas...
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MadMax


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MessagePosté le: Mar 5 Juin - 04:35 (2012)    Sujet du message: Traverser le deuil Répondre en citant

carole30 a écrit:

, même si je trouve que c'est extrêmement difficile pour moi de ne pas toujours avoir de retour à mes messages.... Enfin bref, ça n'est pas grave.





Mais NON, ce n'est pas grave du tout.  Ce n'est pas parce qu'on ne répond pas que, ni, on n'est pas d'accord, ni on trouve que c'est bête, ni quoi que ce soit de négatif, même au contraire. Lorsqu'on ne répond pas, c'est qu'on est plutôt d'accord. Quand on n'est pas ok avec un message on s'indigne, ou on corrige, ou on donne simplement son avis, etc..
D'autant plus que toi Carole, tu t'impliques bien sur le forum, et c'est surement apprécié par les autres comme je l'apprécie.
Maintenant ce que l'on PENSE au moment de l'écriture ne transparait pas forcément pour les autres au travers du post. Un post sur un forum c'est léger pour TOUT exprimer. Si tu attends un type précis de réponse, dis le ou fais le comprendre. Et là, il faudra qu'un lecteur aie la réponse appropriée ET qui te convienne. Ce n'est pas toujours le cas.

Il va de soit que ceci est valable pour tout le monde. En tout cas, pour ceux qui attendent une réponse à leur posts.

bon, je sais ce n'était pas le sujet principal consacré au livres et sites internet, mais je ressens souvent ce besoin dans vos post pour d'autres personnes, alors, j'ai "dérapé en sucette".
Hôôô pardonnez moi.
J'ai pleurniché au moins 6-7 fois ce WE.  Oui mais today, je vais bien, pourvu que ça dure!! Le boulot, ça aide.
Have a nice day !!!
_________________
A 46 ans, j'ai perdu Coralie (38 ans) le 15 09 2011, renversée par un TGV sur un passage à niveau. Je pense à elle tous les jours. Je la trouvais joliiiie ma Coralie.


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:08 (2016)    Sujet du message: Traverser le deuil

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