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Deuils et séparations " La lettre du psy"

 
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Denny


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Inscrit le: 24 Mai 2010
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MessagePosté le: Jeu 27 Mai - 04:56 (2010)    Sujet du message: Deuils et séparations " La lettre du psy" Répondre en citant

Deuils et séparations 

Par Jean Garneau , psychologue  

Cet article est tiré du magazine électronique  " La lettre du psy"  Volume 3, No 8: Septembre 1999 


http://www.sendspace.com/file/907n77" unselectable="on">

Résumé de l'article

Même si elles peuvent paraître différentes, les expériences du deuil et de la séparation se ressemblent profondément. Les deux nous obligent à un renoncement qui touche nos besoins psychiques les plus importants. La "sagesse populaire" propose plusieurs façons de réagir à ces situations: se distraire, passer à autre chose, transformer la peine en agressivité, trouver quelqu'un pour nous consoler, etc.

Jean Garneau explique comment ces expériences peuvent devenir des occasions d'épanouissement pourvu qu'on en relève les défis fondamentaux. En mettant en lumière les forces profondes qui sont en jeu, il propose des pistes qui permettent de mieux vivre ces pertes et d'en tirer tout le potentiel de vie.


Table des matières


          A. Introduction  

          B. L'expérience de la perte  

   1) Une séparation expressive     
   2) Une fin attendue     
   3) Une perte sans adieux


          C. Les ingrédients de la douleur  

   1) Une relation satisfaisante ?     
   2) Une rupture brutale     
   3) Une décision extérieure     
   4) Un manque important


          D. Les défis de la séparation  

   1) Le renoncement     
   2) Le risque de vivre


          E. Les blocages et leurs solutions  


A. Introduction

Nous avons tous perdu des êtres chers. Parfois c'est la mort qui nous les enlève, plus ou moins brusquement. D'autres fois c'est par une décision que se produit l'éloignement: une personne précieuse décide de nous quitter ou nous choisissons de nous en éloigner.

Que ce soit la mort ou la rupture qui provoque la séparation, nos réactions profondes se ressemblent. Nous sommes privés d'un être auquel nous accordions une place privilégiée dans notre vie. Nous perdons une personne qui avait un pouvoir important sur notre bonheur, sur la satisfaction de nos besoins les plus importants.

Certaines de ces pertes sont si difficiles à accepter que nous sommes incapables de nous en remettre vraiment, même après plusieurs années. D'autres sont plus rapidement résolues et ne nous retiennent pas dans le passé. Pourquoi?

J'ai l'intention, dans cet article, de mettre en lumière ce qui fait la différence entre les deuils interminables qui nous retiennent dans le passé et ceux qui nous permettent d'aller de l'avant en mordant à pleines dents dans la vie. À partir d'une meilleure compréhension de ces éléments, je crois qu'il est possible de mieux gérer nos deuils et nos séparations afin qu'ils deviennent des tremplins pour nous épanouir.



L'article au complet : 
http://www.redpsy.com/infopsy/deuil.html
_________________
http://www.youtube.com/watch?v=1-iFN84YRAg


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MessagePosté le: Jeu 27 Mai - 04:56 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Emmanne


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Inscrit le: 29 Mar 2011
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MessagePosté le: Jeu 28 Avr - 00:48 (2011)    Sujet du message: Deuils et séparations " La lettre du psy" Répondre en citant

Alors moi, ça énerve très mais alors très très profondément qu'on compare la mort et la séparation.............

tirer le potentiel de vie, de la mort de ma fille; ben non, je vois pas bien!!!je vais même pas essayer................
c'est méconnaitre la particularité de la mort, son coté définitif qui ajoute une dimension surréaliste à la simple notion de séparation.............
Une collèque avait bien tenté, quelques semaines après, de me dire à quel point elle me comprenait, elle aussi avait perdu son fils..................( ah, elle compatit............parcequ'elle connait l'insoutenable douleur ;me suis je dit), son grand fils, installé à l'autre bout de la France et fâché avec elle...............ben , non!c'est pas pareil!!
 Ceci écrit ,je vais aller relire cet article..............voir s'il m'énerve toujours autant...........et pendant que j'y suis je vais vous copier-coller un article qui fait réfléchir aussi.............
_________________
J'aurai aimé tenir ta main un peu plus longtemps....
.......c'est comme ça..........


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Emmanne


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MessagePosté le: Jeu 28 Avr - 01:04 (2011)    Sujet du message: Deuils et séparations " La lettre du psy" Répondre en citant

Un texte de 2007, glané sur le net, qui m'a forcé à réfléchir........... je ne sais pas si on a le droit de copier-coller comme ça sur le forum, ni si c'est la bonne place pour le faire.........je m'en remets à vi et vette qui sauront.........
  • Avis sur Comment poursuivre sa vie après un deuil ?



Un jour mon coeur s'est arrêté...
Bonjour à tous.
Pour commencer, je tiens à remercier Muriel123 pour avoir demandé la création de cette rubrique et vous invite à aller lire son avis si ce n'est déjà fait: http://www.ciao.fr/Comment_poursuivre_sa_vie_apres_un_deuil__Avis_1001368.

Dans son article, elle parle plus particulièrement de la mort des enfants et de cette peine qui émane de ceux qui les ont perdu et semble insurmontable.
La rubrique est en forme de question et je vais essayer d'y répondre même si ce n'est pas évident.
Autre chose, la mort même si elle fait partie intégrante de la vie reste un tabou dans notre société et en particulier celle des enfants.
J'aimerai qu'il n'y ait pas de fausse pudeur...
J'aimerai que si vous avez des questions, vous les posiez, tout simplement.
J'aimerai que cette rubrique (pas uniquement mon avis) soit un départ vers une véritable réflexion et non un mur des lamentations.
J'aimerai qu'on lève le voile, un peu, pour permettre à tous ceux qui sont touchés par ces moments difficiles de pouvoir avancer, que ceux qui les accompagnent puissent mieux comprendre.
*Petit résumé à l'usage de ceux qui prennent le train en route...
Le 2 mars 2005, j'ai perdu ma fille âgée de trois ans et demi.
Elle était atteinte d'un cancer et j'ai assisté, à ses côtés, à son agonie pendant un an.
Elle est morte dans mes bras, à l'hôpital.
*Il n'y a pas d'échelle dans la douleur...
J'ai connu de nombreux deuils.
J'ai perdu un frère, mon père, un neveu, mes grands-parents, oncles, tantes, un compagnon, des amis... On trouve dans mes albums photo plus de souvenirs que de personnes en vie...
Chaque disparition m'a marquée à sa façon, aucun deuil n'est semblable. Les premiers décès sont quelque chose de terrible et je peux comprendre que certains soient totalement effondrés par la disparition de leur animal familier.
En effet, j'ai pour habitude de dire qu'il n'y a pas d'échelle dans la douleur et chacun va réagir selon sa propre expérience.
Je m'explique: en prenant les choses dans un ordre chronologique, je peux dire que j'ai autant souffert quand mon chat est mort que quand mon frère est mort. J'ai ensuite autant souffert de la disparition de mon neveu que de celle de mon frère... C'est avec le recul seulement et en l'ayant vécu que je peux dire que la mort de mon chat n'est rien par rapport à celle de ma fille.
Ce que je suis en train de dire peut vous sembler évident ou monstrueux (au choix) mais c'est le seul moyen que j'ai pour éclaircir un peu les choses. Dans le deuil, comme dans la douleur physique, on apprend à relativiser par rapport à sa propre expérience. Tout le monde a eu plus ou moins mal tout au long de sa vie mais certaines douleurs ne sont pas « imaginables » et ceux qui souffrent de colites néphrétiques me comprendront certainement...
Dans la mort d'un enfant c'est un peu la même chose...
Chacun pense être capable de comprendre car il projette ses propres angoisses mais aussi sa propre peine. A la mort de ma fille, certaines personnes qui n'avaient pas de « deuil référent » ont certainement autant souffert que moi. Pour autant, ces personnes ne peuvent pas comprendre ma douleur, même si la leur est très grande.
Il est très difficile de décrire cette douleur à quelqu'un qui ne la connais pas...
Ceux qui nous entourent en souffrent, se sentant impuissants alors qu'eux aussi sont blessés. J'ai utilisé une image que je vous laisse pour expliquer à quelqu'un à quel être présent est important (la personne devrait se reconnaître et je l'embrasse au passage):
« Ben c'est un peu comme croiser un Togolais perdu dans la neige sans parler Togolais... Tu va lui donner à boire et à manger, le réchauffer, lui tenir compagnie et ça c'est déjà énorme car c'est ce qui va lui sauver la vie... Mais tu ne le comprendras jamais ni l'aider à retrouver son chemin puisque tu n'arrives pas à savoir d'où il vient... Mais lui, une fois "retapé" il y arrivera peut-être... C'est ce que chaque jour vous faites, nous donner une nourriture de l'âme, nous réchauffer quand nous avons si froid... ».
Ca peut sembler un peu enfantin mais c'est ce que j'ai trouvé de plus parlant...
*Les premiers symptômes...
Comment survivre à son enfant?
Nous avons tous en nous un instinct de survie qui dépasse parfois de beaucoup notre simple volonté.
Nous avons des ressources que nous ignorions jusque là...
Ne me parlez pas de courage, il n'a rien avoir là-dedans. Il n'y a pas de volonté à proprement parler.
Le corps est incroyablement vide, atone.
Pour les femmes, ça ressemble un peu à cette sensation les jours qui suivent l'accouchement... Se sentir « vide », continuer à caresser son ventre alors qu'il n'y a plus rien dedans.
Une sensation d'apesanteur aussi... L'impression de ne pas vraiment être là, d'avoir un peu fumé la moquette.
Très souvent une incroyable froideur par rapport à cette mort. Et comme vous arrivez à dire calmement « mon enfant est mort », que vous ne pleurez pas, certains en profitent pour, eux, s'épancher... C'est bien souvent aux parents orphelins de se « mettre à la place de » et de finir par consoler...
Une froideur, comme un refus d'accepter cette évidence inadmissible...
Pour l'instant la tête semble suivre alors que le corps ne répond plus... Nausées, diarrhées, tremblements incoercibles, migraines effroyables... Le thermostat se dérègle, il fait chaud puis froid en une fraction de seconde...
Un étrange rapport avec l'eau aussi... On passe un temps incroyable sous la douche ou dans la baignoire...
Des horaires qui deviennent plus que fantaisistes pour manger, dormir, sortir... Le corps semble suivre son propre chemin, avoir prit son indépendance... Lentement on se demande si on ne devient pas fou...
Et puis on le devient...
On l'entend cet enfant...
On l'entend pleurer la nuit...
On entend clairement « maman » dans l'étouffement de la pénombre...
Et puis on le voit, juste une fraction de seconde... Mais on le voit quand même...
Ce sont de vraies hallucinations et c'est parait-il normal... Mais les médecins ont juste oublié de vous prévenir, préférant vous laisser la surprise...
Mais vous n'avez rien a craindre car tout le monde vous entoure...
*Comment vivre son deuil...
A cette question je dirai vivre tout court...
Les premiers mois sont passés, le choc de la nouvelle s'est dissipé...
P.Forrest a ces mots terribles mais qui sonnent incroyablement justes dans son livre « L'enfant éternel »:
« La mort d'un enfant est un spectacle rare. Vous faites salle comble. Vous jouez à guichets fermés.[...]Mais le rideau ne tombe pas. Faites un effort! La représentation s'éternise. Dans la salle on commence à siffler. Bientôt, on vous hue. ».
Oui, le deuil, le classique, celui que l'on connaît, refuse de se faire.
Non, on ne se laisse pas aller.
Oui, on sort, on s'amuse et on voit des amis.
Vous nous demandez de « tourner la page » avec souvent cet odieux chantage « faites le pour lui, pour elle... »...
Oui nous sortons mais le lendemain matin il manque quelqu'un à la table du petit déjeuner...
Non, faire un autre enfant ne change pas l'esprit et n'aide pas à « passer à autre chose ».
Non, nous ne nous complaisons pas dans le morbide mais devons vivre au quotidien avec notre petit fantôme...
Plus le temps passe, moins vous prononcez son nom...
Vous oubliez les dates...
Alors nous puisons dans nos souvenirs, vivons une partie de notre vie en parfaite autarcie, faite de dialogue avec l'enfant qui n'est plus...
Avec cette pointe de honte, de n'être pas « normale », tout simplement parce qu'on y arrive pas...
Définitivement, le plus dur, ce ne sont ni les premiers mois, ni la première année...
Il y a ceux qui pensent qu'il faut se « faire aider » et nous imaginent entourés de psy attentifs et disponibles 24h/24h...
Ben chez les psy aussi la mort des enfants est tabou...
Eux aussi ont des enfants et pas trop envie d'en parler...
L'aide?
Elle est chimique l'aide. Une camisole moderne faite de cachets multicolores...
Le « dialogue » est très vite coupé, c'est en gros la seule aide qu'ils ont à proposer.
Mais de nouveau le corps se défend et malgré la puissance des drogues, elles restent inefficaces...

A ceux qui lisent ces lignes je demande d'oublier les:
Il faut...
Je sais...
Je comprend...
Pense à elle...
Si elle te voyait...

A ceux qui lisent ces lignes, je demande de ne pas se mettre à notre place, vous ne le pourrez jamais... C'est en restant à la votre, là où nous avons l'habitude de vous trouver, que vous pourrez nous aider.
C'est en cessant d'arrêter de rire quand nous arrivons parce que nous avons besoin plus que quiconque de pouvoir rire encore et que nous aimons ça...
A ceux qui lisent ces lignes, ne nous demandez pas l'impossible...
Nous faisons tout ce que nous pouvons mais si ça vous semble bien peu vu de l'extérieur.
Il y aura toujours ce voile gris devant nos yeux à la sortie des écoles, quand une mère embrasse son enfant.
Toujours cette petite pointe d'envie de donner n'importe quoi pour être à sa place à elle, juste quelques secondes, sentir à nouveau son odeur...

Je vous laisse deux petits textes...
Un article:
« Fonder un nouveau départ.
Fonder un nouveau départ.
Les parents d'enfants morts le savent bien : devenir l'éducateur d'un enfant disparu sera le travail de toute leur vie.
Ils devront lui aménager sa juste place dans la famille, le laisser évoluer en eux, lui qui ne grandit plus mais grandit quand même ; ils devront, comme l'on devient parent d'un tout-petit, puis d'un écolier, puis d'un adolescent, ils devront devenir parent d'un enfant mort.
Eux qui avaient peut-être trois, quatre enfants, auront toujours ces enfants-là, le petit, le moyen, le grand, le mort.
Les relations parents-enfants continuent avec eux tous.
Il y a simplement moins de gens pour vous montrer la voie, et chacun sait qu'il doit tout inventer. Puiser en lui-même, puiser dans le bonheur entrevu ou accompli, les forces et la manière de fonder un nouveau départ avec les enfants qui ne seront plus jamais là. »Geneviève Jurgensen, extrait d'un article paru dans "La Croix" le 9 septembre 1996Et ce poème de Rita Moran:
«
Les mots exacts pour le dire.

Je vous en prie, ne me demandez pas si j'ai réussi à le surmonter,
Je ne le surmonterai jamais.
Je vous en prie, ne me dites pas qu'il est mieux là où il est maintenant,
Il n'est pas ici auprès de moi.
Je vous en prie, ne me dites pas qu'il ne souffre plus,
Je n'ai toujours pas accepté qu'il ait dû souffrir.
Je vous en prie, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens,
A moins que vous aussi, vous ayez perdu un enfant.
Je vous en prie, ne me demandez pas de guérir,
Le deuil n'est pas une maladie dont on peut se débarrasser.
Je vous en prie, ne me dites pas "Au moins vous l'avez eu pendant tel nombre d'années",
Selon vous, à quel âge votre enfant devrait-il mourir ?
Je vous en prie, ne me dites pas que Dieu n'inflige pas plus que ce que l'homme peut supporter.
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous êtes désolés.
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant, si vous vous rappelez de lui.
Je vous en prie, laissez-moi simplement parler de mon enfant.
Je vous en prie, mentionnez le nom de mon enfant.
Je vous en prie, laissez-moi simplement pleurer. »

Pour terminer je vais essayer de répondre à la question posée... Comment poursuivre sa vie après un deuil?
Je dirai bêtement:
Comme toute personne qui a été amputée... En boitant...
Et puis pour qu'il y ait un "après" deuil il faudrait qu'il puisse se faire ce deuil...

Et si vous avez des questions, je vous en prie, posez les... Rien n'est pire que le silence...  
_________________
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Vette


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MessagePosté le: Jeu 28 Avr - 12:38 (2011)    Sujet du message: Deuils et séparations " La lettre du psy" Répondre en citant

Je t'ai lue et je suis dans une phase de silence qui pense. Logiquement je devrais trouver une parcelle de temps pour revenir ici.

Tout copier-coller humain a sa place sur ce forum; évidemment.

_________________
"Le chagrin est un escalier circulaire." Linda Pastan


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comment_faire


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MessagePosté le: Dim 1 Mai - 21:10 (2011)    Sujet du message: Deuils et séparations " La lettre du psy" Répondre en citant

Bonsoir Emmanne,

Ce qui m'a le plus interpellé :
1- les tentatives d'analyse très poussée d'échelles de douleurs, échelles bien sûr toutes très relatives
2- "donner n'importe quoi pour être à sa place à elle, juste quelques secondes, sentir à nouveau son odeur"
3- la mort reste tabou dans notre société

1- le premier point : parce que depuis que je suis extrêmement jeune, je rêve d'une chose : qu'il existe une échelle des douleurs vraiment digne de ce nom, fiable, utilisable par des scientifiques car on verrait ainsi des gens, autour de nous, qui ont l'air d'avoir une vie très anodine, être en fait le siège d'une somme de souffrances absolument hors de proportions, on irait ainsi en (re)découvrant des gens de notre entourage de surprise en surprise, de douleur immense en douleur abominable. Je pense à ça depuis que je suis adolescent. Ca n'a pas encore vu le jour, mais je ne désespère pas qu'avant ma propre mort et grâce aux progrès faits dans les recherches sur le cerveau, on ne commence à y parvenir.
2- Ca, je l'ai ressenti aussi, mais à l'envers, à cause du décès de ma maman : quand je vois des mères en public qui sont tout amour avec leur enfant, cela me rappelle moi-même lorsque j'en étais un , avec ma maman à moi. Et alors là je suis pris d'un coup de blues ...
3- Oh que oui, la mort est un tabou chez nous, contrairement à d'autres cultures ! La France sera toujours la lanterne rouge dans bien des domaines importants. Vous ne pouvez pas savoir à quel point j'ai ragé et pesté contre ces journalistes idiots / crétins qui , en parlant du dernier "salon de la mort" qui s'est tenu je ne sais plus où, se sont permis des réflexions abruties du genre : oh, mais franchement alors, quel mauvais goût ma chèèèèère !
Et bien non, ce n'est pas du mauvais goût, la mort, on y pense, et c'est normal, bande de connards !

J'arrête là, notamment car je ne suis pas de ceux qui parviennent à s'épancher sur plusieurs dizaines de lignes, vous l'avez peut-être déjà remarqué.

Je me permets de penser à toi et à l'être frêle et délicat qui peuple tes pensées

Bernard


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Emmanne


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MessagePosté le: Dim 1 Mai - 21:48 (2011)    Sujet du message: Deuils et séparations " La lettre du psy" Répondre en citant

Bonsoir Bernard et merci pour ton commentaire,
 ce texte je l'ai depuis longtemps dans, mon ordinateur, je l'avais lu, il m'avait choqué, je l'avais perdu puis retrouvé en tapant comment survivre après la mort........ puis comment vivre après un deuil.........alors je l'ai gardé précieusement pour le relire.....le commenter.........

Au début comparer la mort d'un animal , d'un humain ........ ça m'a heurté, fort et puis j'ai repensé à mon père, veillant sur la fin de vie de sa chienne, avec une attention qu'il n'a porté à personne d'autre....chienne qu'il a eu juste à la mort de sa mère, ma grand mère...... on a eu peur qu'il ne s'en remette pas d'avoir du la faire euthanasier........alors oui, je veux bien croire que la perte d'un animal très aimé soit très douloureuse.........accepter qu'il n'y a pas d'échelle fiable des douleurs, c'est si subjectif............ si dépendant de notre vie antérieure.......
Je me sens comme une togolaise ..........il faut juste me "retaper" pour que je poursuive mon chemin, mais ils ne savent pas bien comment "retaper "un endeuillé...........
J'ai passé des heures dans ma baignoire, à pleurer, à penser à elle...........
Les horaires plus que fantaisistes........ je peux diner à 23h45 et prendre un bain à 2h du matin...........
Les hallucinations, seulement auditives pour ma part............au début ça fait flipper..........
j'ai lu Philippe Forest, dévastateur et décapant.............
Eu honte de ne pas y arriver..................
Espérer que les amis restent à leur place d'amis..............la seule qui puisse m'aider............enfin , les amis qui restent........
le voile gris, permanent..... à vie...........(.un voile noir pendant si longtemps........... que le voile gris est un progrès.....)
"donner n'importe quoi pour être à sa place à elle, juste quelques secondes, sentir à nouveau son odeur"parceque le manque est sensoriel; visuel, auditif, tactile, corporel, intellectuel, affectif,historique................... un manque total et absolu.......

Mais je suis une amputée qui clopine vaillamment.........

Au sujet du salon de la mort à paris.......... ( j'ai lu qu' il y a chaque année, toutes causes de mort confondues,  55 0000 décès...........tout le monde est concerné...........)
je suis assez mitigée, mais c'est surement un progrès qu'on en parle de plus en plus, que les funérarium réfléchissent sur l'accompagnement, qu'on personnalise les cérémonies .......... mais pas trop non plus,pas n'importe quoi..........et les  dérives marchandes ne sont jamais loin.......

J'accueille tes pensées........... (oui, ma fille est un être frêle et délicat..........mais je ne peux pas encore penser à Elle vraiment, c'est trop dur...)
Anne
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Symphonie


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MessagePosté le: Lun 11 Juin - 12:49 (2012)    Sujet du message: Deuils et séparations " La lettre du psy" Répondre en citant

Bonjour Emmanne, comme tu as raison!

Je suis une grand-mère, mais c'est pratiquement mon mari et moi qui avons "élevé" notre
petit-fils après le divorce de ces deux-là! Thomas avait 24 ans, il nous a quitté il y a 9 mois,
suite à une méchante tumeur au cerveau! Il s'est conduit comme un HOMME, ne se plaignant jamais!
Je pleure, Emmanne! et c'est vrai que l'on me dit pour me consoler: "Il aurait pu rester handicapé,
il valait mieux qu'il parte!" Pauvre Thomas! Amitiés, Emmanne!


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Emmanne


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MessagePosté le: Lun 11 Juin - 18:48 (2012)    Sujet du message: Deuils et séparations " La lettre du psy" Répondre en citant

Un petit fils que tu as élevé et aimé comme un fils...des douleurs qui s'ajoutent...
Quel beau prénom...mon fils le porte...sa soeur aussi est morte à 24 ans...
ça fait des petites connexions entre nos histoires, entre nous...
Je ne peux pas imaginer les douleurs différentes dues à la maladie et à la souffrance..."pauvre Thomas" surement ...
je n'ai que les douleurs de l'arrachement par une mort violente...
Nous aussi, on nous dit, qu'Elle aurait pu avoir de graves séquelles de son traumatisme crânien et facial...
j'y pense , bien sur .... surtout quand je vois un reportage...
je frémis à l'idée  d’Emmanuelle handicapée gravement...
je me dis et me redis :"heureusement qu'on ne choisit pas ..."
ça ne te console pas, Symphonie...valait il réellement mieux qu'il meure?il aurait surtout mieux valu qu'il n'ait pas de méchante  tumeur...
ça ne me console pas...la mort ne peut pas être une consolation...
amicalement
Anne
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Emmanne


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MessagePosté le: Lun 30 Juil - 00:24 (2012)    Sujet du message: Deuils et séparations " La lettre du psy" Répondre en citant

Le funambuleEcrit par Gislaine duboc (site allo le ciel)

Quand je suis dans l’obligation d’informer mon interlocuteur de la mort de mon fils la réaction qui suit est souvent la même: « Oh pardon »  puis « Cela doit être terrible » enfin «  c’est le pire ». J’ai envie de lui dire : « Tais toi ! Ne mets pas des mots là où il n’y a n’a pas. Ne projette pas ta peur sur la mienne qui dort encore »
Comment partager cette souffrance ? La douleur est orpheline nous le savons tous.
J’ai cherché au plus profond de moi et j’ai trouvé cette métaphore : Le Funambule 
J’avance sur un fil, au dessus d’un gouffre géant tendu entre deux montagnes. Les consignes sont simples :
Surtout regarder devant soi
Ne jamais se retourner
Un pas après l’autre
Ouvrir grand les bras
Respirer lentement et……….
Sourire
Mais parfois je glisse et je tombe dans un gouffre sans fin.
La chute est vertigineuse, je m’étouffe et je crie, le monde s’obscurcit. J’essaie de m’accrocher au vent au vide... mais rien n’arrête cette descente aux enfers.
Pourtant, alors que la nuit s’engouffre au fond de moi ; un chien, un chat, un sourire, un je t’aime, un rayon de soleil, un rire d’enfant, me jettent une corde a laquelle je m’accroche désespérément.
Je m’agrippe  fermement à ce sourire, ce rire, cette vie qui m’appelle et je me hisse et remonte sur le fil de ma vie.
J’entends à nouveau cette petite voix qui me dit :
Surtout regarder devant soi
Ne jamais se retourner
Un pas après l’autre
Ouvrir grand les bras
Respirer lentement et……….
Sourire,  sourire
Pour laisser danser la vie
 
_________________
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carole30


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MessagePosté le: Lun 30 Juil - 18:15 (2012)    Sujet du message: Deuils et séparations " La lettre du psy" Répondre en citant

ah oui très belle comparaison que ce Funambule.....
_________________
Je voulais simplement te dire
Que ton visage et ton sourire
Resteront près de moi
Sur mon chemin...

à Rémi et Amélie....


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cobra


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MessagePosté le: Jeu 2 Aoû - 13:23 (2012)    Sujet du message: Deuils et séparations " La lettre du psy" Répondre en citant

ça me parle bien ; oui, l'éternel exercice de garder (ou perdre).... l'équilibre !
comme un Tout Petit apprend l'équilibre à l'apprentissage de la marche
_________________
je T'envoie mes sourires, les jours, où je me sens plus forte...


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:53 (2016)    Sujet du message: Deuils et séparations " La lettre du psy"

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