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Textes sur la mort et le deuil
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Emmanne


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MessagePosté le: Dim 26 Aoû - 03:33 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Le deuil au masculin écrit par

Christophe
Fauré




C’est un constat qui se vérifie à chaque fois : quel que soit le type de perte qui afflige un homme, un père, un conjoint, un fils, l’aide et le soutien qu’il recevra d’autrui seront différents que ceux qu’on offre à une femme, une mère, une épouse, une sœur – et ceci dès les tous premiers instants qui font suite au décès.
L’attention différente que la société accorde à l’homme en deuil va fortement déterminer ses réactions émotionnelles.
L’homme en deuil n’est pas particulièrement « bloqué » ou « inhibé » dans la libre expression de sa peine – comme le pensent trop souvent les femmes, mères ou épouses qui l’entourent (et qui font pression sur lui « pour qu’il parle ») : il est simplement sous l’emprise de puissants conditionnements culturels et psychologiques qui parfois lui interdissent d’exprimer ce qu’il ressent : d’une manière très inconsciente, il est donc contraint de trouver d’autres moyens « culturellement corrects » pour évacuer sa peine, sans mettre en danger son identité masculine.
 
Les attentes de notre société
En effet, qu’attend-on de l’homme dans notre société ? Certaines attentes semblent démodées mais elles ne restent pas moins très fortement inscrites dans notre culture occidentale.
L’homme doit :
-       être en contrôle des situations
-       être davantage dans le mental que dans l’émotionnel
-       être rationnel et analytique
-       être sûr de lui et affirmé
-       être courageux
-       être efficace
-       être capable de supporter la peine sans broncher
-       être capable d’endurer n’importe quel stress
-       être celui qui prend en charge les autres


En revanche, dans notre société, l’homme ne doit pas :
-       perdre le contrôle, même dans les situations les plus pénibles ou stressantes
-       pleurer ouvertement devant autrui
-       avoir peur
-       être dépendant de l’aide et de l’attention d’autrui
-       être en insécurité, avoir peur
-       exprimer sa solitude, sa vulnérabilité, sa tristesse
-       être pris dans les bras par d’autres hommes pour le consoler
-       être indécis quand il faut prendre des décisions importantes
On voit que ces attentes implicites et explicites vis-à-vis de l’homme rendent souvent difficiles ou plus lourdes le déroulé harmonieux de son deuil.
 
En effet, on attend de lui
1. qu’il prenne matériellement et « logistiquement » les autres en charge (épouse, enfants, proches)
2. qu’il les prenne en charge émotionnellement, en laissant de côté ses propres émotions
3. qu’il soit « à la hauteur » de l’épreuve, comme si son identité d’homme était en jeu.
 


Que reste-t-il alors à l’homme en deuil ? Comment parvient-il à « métaboliser » sa peine dans l’étroit champ d’expression que la société lui accorde ? C’est ce que nous allons voir maintenant…
Rester silencieux
La grande majorité des hommes touchés par le décès d’un proche réagissent en taisant leurs pensées et leurs émotions. Ils donnent l’impression de ne pas avoir besoin d’exprimer et de partager ce qu’ils ressentent. Ce n’est bien sûr pas le cas mais ils sont souvent perçus par leur entourage comme « insensibles », « arides » émotionnellement, ou même « handicapés » au niveau affectif ! Ces reproches qu’on leur adresse pour les faire réagir les blessent en silence et ne font qu’accentuer leur réticence à s’exprimer.
De fait, même s’il a lui même perdu quelqu’un qu’il aime, on posera très souvent à un homme des questions du type :
-       « Comment se sent ton épouse (ta mère… ta sœur… tes enfants…) ? » : on oublie fréquemment de lui demander comment lui il va !!!
-       « Comment s’en sort ta femme ? » : sous entendu : « tu n’as pas d’autre choix que de t’en sortir pour la soutenir, si elle ne va pas bien ! »
-       « Comment la famille accuse le coup ? » : sous entendu : « C’est ta responsabilité de contenir ta famille émotionnellement. Il faut que tu « assures » et que tu fasses passer tes propres émotions en second plan ! »
-       … etc.
Rien de tout cela n’encourage l’expression des ressentis intimes, mais ils n’en restent pas moins vivaces et intenses à l’intérieur…
Vivre le deuil en secret ou de façon solitaire
La plupart des hommes trouvent plus facile de vivre seuls le deuil. D’ailleurs, on constate que les hommes se rendent plus fréquemment sur la tombe que les femmes – et souvent en secret, sans en parler à autrui, pas même à leur épouse. Le cimetière est, pour beaucoup, un lieu de recueillement, de réflexion, de larmes, de partage intime avec la personne disparue. C’est souvent là, dans cette présence solitaire, que se déroule le deuil au niveau émotionnel.
De même, un homme peut passer beaucoup de temps sur son ordinateur, soit pour écrire sur un « journal de deuil » qu’il gardera secret, soit pour regarder des photos ou surfer sur des sites qui sont en relation avec la personne disparue…


Exprimer le deuil dans l’action
De façon générale, la femme s’exprime par des mots et par le partage des émotions, alors que l’homme s’exprime par des actes. Il peut par exemple avoir besoin d’une activité physique intense pour canaliser sa douleur (aller courir, faire intensément du sport, se lancer dans de grands et épuisants travaux… etc.).
Il peut également vouloir passer à l’action au niveau légal, si la situation le demande : un procès contre un service hospitalier, un accident qui implique la responsabilité d’un tiers, une action pour améliorer une signalisation routière (ex : faire pression pour qu’un feu rouge soit installé là où son enfant a été renversé…)… etc.
L’action aide l’homme à se sortir de la situation d’impuissance dans laquelle le précipite sa peine. Elle lui est parfois indispensable. Ce serait une erreur de n’y voir qu’une fuite : ce n’est évidemment pas le cas.
S’immerger dans l’activité professionnelle
Il en va de même de l’activité professionnelle dans laquelle un homme peut s’engouffrer. Il est faux de croire que cela l’empêche de « faire son deuil ». C’est une stratégie comme une autre pour faire face à la douleur. L’activité professionnelle intense aide à structurer la pensée, à se réancrer dans le quotidien connu et sécurisé du monde professionnel, en contraste avec le climat du souffrance du domicile. La douleur n’est donc pas étouffée (c’est de toutes façons impossible !) ; elle est simplement « contenue », même si, extérieurement, elle semble refoulée. Ce n’est pas le cas : le processus s’opère inexorablement dans les profondeurs de l’inconscient.
Réprimer l’expression de la peur, de l’insécurité, de la tristesse
L’homme en deuil peut avoir peur de l’intensité de ses émotions. Il peut donc tenter de les court-circuiter, ou de les éviter, ou de les anesthésier… C’est le danger d’avoir tant de contraintes exercées sur leur expression. On retrouve chez certains hommes en deuil de nombreux moyens d’anesthésier la peine : l’alcool consommé de façon excessive, les prises de risque inutiles (conduire trop vite, pratiquer des sports trop extrêmes…), une activité sexuelle trop « débridée »… etc.
Face à de telles situations, il est légitime que les proches s’opposent à ces stratégies d’auto destruction. Même s’ils rencontrent une forte opposition, il est nécessaire d’amener l’homme en deuil en contact avec sa peine, sa peur, son insécurité ou sa tristesse qu’il essaie coûte que coûte d’éviter. Quand il est trop extrême dans le refus de ces émotions, il doit y être ramener, avec patience et douceur – et surtout sans jugement… S’il sent qu’il peut être en sécurité et non jugé, l’homme en deuil qui ne parvenait pas à rencontrer sa peine pourra s’y abandonner. Il découvrira que c’est ainsi qu’il devient plus fort. Paradoxalement…
L’homme en deuil, cette « brute épaisse !!!! », est un écheveau de contradictions : il a besoin d’être respecté et accompagné là où il est, avec une infinie tendresse !
Accompagner un homme en deuil…
Ainsi, vous qui lisez ces lignes, si vous êtes une femme et que vous souffrez du silence de votre compagnon… père… frère… ami en deuil, comprenez ce qui se cache derrière.
Cet homme que vous tentez d’accompagner dans sa peine le fait avec les moyens psychologiques et culturels dont il dispose. Il est très profondément conditionné depuis l’enfance à se comporter d’une certaine manière et il est impossible de lui demander d’être radicalement différent aujourd’hui ou de changer d’attitude en quelques jours. Cela ne veut pas dire que cet homme que vous accompagnez ne peut pas changer progressivement (vous pouvez d’ailleurs lui faire lire cet article pour l’aider à mieux se comprendre !), mais il est capital que vous ne lui mettiez pas trop la pression pour qu’il parle ou pour qu’il vous exprime ses émotions, même si vous êtes intimement persuadée que cela lui fera du bien.
Invitez le à le faire mais, s’il vous plaît, laissez le tranquille s’il ne veut pas – ou s’il ne peut pas. Cela ne signifie pas que son chemin de deuil ne se fait pas intérieurement. Il ne le fait pas comme vous : il le fait à sa manière ! Votre insistance peut le mettre très mal à l’aise et il risque d’être encore plus dans le retrait et le silence car il vit votre insistance comme une intrusion dans son intimité et presque une agression dont il a besoin de se protéger !
Bien sûr, vous pouvez vous sentir très seule face à ce mur de silence, mais cette attitude n’est pas contre vous ; il ne vous abandonne pas : il tente, avec les moyens qui sont les siens (et ils sont plus restreints que les vôtres !!!) de faire face.
Sachez le : l’homme en deuil est fragile. L’homme en deuil est vulnérable. Mais il lui est culturellement et psychologiquement difficile de le montrer et de l’admettre.
Sachez qu’il est parfois encore plus fragilisant et vulnérabilisant pour lui d’être mis au pied du mur et d’être contraint d’exprimer ce qu’il ne parvient pas à exprimer. Ne le poussez pas au delà de ses limites. Respectez les et sollicitez ailleurs de l’aide et du soutien si votre compagnon… père … frère… ami ne parvient pas à vous les donner. Et surtout, ne lui en voulez pas…
Il faut faire confiance au processus de deuil qui est universel : même dans le silence, il parviendra toujours à se déployer pour, à terme, maintenant ou plus tard, restaurer la paix du cœur.
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J'aurai aimé tenir ta main un peu plus longtemps....
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MessagePosté le: Dim 26 Aoû - 03:33 (2012)    Sujet du message: Publicité

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Emmanne


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MessagePosté le: Lun 27 Aoû - 23:58 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Là, ce ne sont pas des textes mais des films documentaires sur la mort et le deuil, je n’en ai encore vu aucun mais ça peut  intéresser quelqu'un.
On peut les louer 48h, sur ce site : http://www.filmsdocumentaires.com/films/426-travail-de-deuil ;mais ailleurs aussi peut être ...

Le mandala

Ce film aborde le thème délicat du deuil d’un frère ou d’une soeur alors qu’on est enfant ou adolescent. Il met en scène une expérience unique : un petit groupe d’enfants et adolescents, réunis lors de deux WE sont accompagnés par une psychothérapeute, un art thérapeute et un musicien. Ce film est destiné aux équipes soignantes des services de pédiatrie, aux étudiants et élèves des secteurs médicaux et aux enfants et familles.
 
Est-ce que les doudous vont au ciel ?
Le décès d’un enfant des suites d’une maladie grave reste un événement rare mais non exceptionnel, certaines familles y sont parfois confrontées. Pour tenter de briser leur isolement, pour rompre les tabous, quatre familles, en lien avec les équipes soignantes qui les ont accompagnées, ont accepté de nous confier leurs vécus.
_________________
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Marie-Christine


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MessagePosté le: Mer 29 Aoû - 23:19 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Merci Anne pour ce texte de Christophe Fauré"le deuil au masculin"
Bises
_________________
Les mères tiennent leurs enfants par la main un certain temps,mais elles les ont dans leur coeur pour toujours.J'aurai tant aimé tenir ta main encore plus longtemps mon grand,tu me manques mon fils.Tu es là avec moi pour l'éternité.Je t'aime mon ange


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comment_faire


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MessagePosté le: Lun 10 Sep - 16:35 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Concernant le deuil au masculin, je serais donc dans un sacré décalage !
Et bien tant mieux, car notre culture, notre civilisation, dans ses rapports avec les personnes disparues, ne me plaît pas du tout !!


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Emmanne


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MessagePosté le: Mer 12 Sep - 19:28 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Michel Onfray, philosophe : "La mort n’accepte aucun cadeau”


Dans son dernier ouvrage (Les Vertus de la foudre 2, Grasset, 1998), l’écrivain tente de consoler, selon ses convictions, l’un de ses amis après le décès de sa fille.
 Extrait.
"Mais vous le savez bien, la mort n’accepte rien, aucun cadeau, aucun sacrifice ; elle ne joue pas ce jeu-là, autiste, silencieuse, elle ignore tout ce qui n’est pas elle : elle prend, avale, se nourrit de tout ce qu’on lui offre, mais ne régurgite rien ; incapable de reconnaissance, elle prendrait l’univers entier avant son heure si d’aventure on ne lui résistait pas, toutes forces tendues, toute vitalité bandée comme un câble ; elle ne veut rien savoir, rien entendre de votre douleur ; indifférente, elle ne s’en réjouit pas, ne s’en afflige pas. Et, en tout, vous n’aurez réussi qu’à vous faire complice d’elle, aucunement d’Anne et de son souvenir.
Vos nuits passées en compagnie de ses cendres, à proximité de l’urne, vos rêves et vos cauchemars non loin de ses mèches, votre respiration et votre souffle tout près de la photo, son bracelet tourné et retourné mille fois dans vos doigts, tenu dans le creux de votre main, tout cela ne fera qu’ajouter de la peine à la peine. Rien de ce calcul ne se retranchera du compte que votre fille avait dès sa naissance avec le néant : on ne peut délivrer l’autre de ses peines, de ses fardeaux, en prendre une part, même minime, et le travail de deuil n’est pensable qu’entre soi et soi. On ne peut espérer aucun arrangement avec la mort des autres. La consolation n’est pensable que si elle invite l’autre à se ressaisir de ses propres forces. L’ouvrage ne peut être accompli par personne d’autre que soi."
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Emmanne


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MessagePosté le: Jeu 13 Sep - 11:50 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Un texte de 2007, glané sur le net, sur un forum( ciao.fr), qui m'a forcé à réfléchir...un peu violent mais bon, parfois on a besoin d'etre secoué...je le rapatrie d'une autre partie du forum:
  •  Comment poursuivre sa vie après un deuil ?
.......
"Un jour mon coeur s'est arrêté...
Bonjour à tous.
Pour commencer, je tiens à remercier Muriel123 pour avoir demandé la création de cette rubrique et vous invite à aller lire son avis si ce n'est déjà fait: http://www.ciao.fr/Comment_poursuivre_sa_vie_apres_un_deuil__Avis_1001368.

Dans son article, elle parle plus particulièrement de la mort des enfants et de cette peine qui émane de ceux qui les ont perdu et semble insurmontable.
La rubrique est en forme de question et je vais essayer d'y répondre même si ce n'est pas évident.
Autre chose, la mort même si elle fait partie intégrante de la vie reste un tabou dans notre société et en particulier celle des enfants.
J'aimerai qu'il n'y ait pas de fausse pudeur...
J'aimerai que si vous avez des questions, vous les posiez, tout simplement.
J'aimerai que cette rubrique (pas uniquement mon avis) soit un départ vers une véritable réflexion et non un mur des lamentations.
J'aimerai qu'on lève le voile, un peu, pour permettre à tous ceux qui sont touchés par ces moments difficiles de pouvoir avancer, que ceux qui les accompagnent puissent mieux comprendre.
*Petit résumé à l'usage de ceux qui prennent le train en route...
Le 2 mars 2005, j'ai perdu ma fille âgée de trois ans et demi.
Elle était atteinte d'un cancer et j'ai assisté, à ses côtés, à son agonie pendant un an.
Elle est morte dans mes bras, à l'hôpital.
*Il n'y a pas d'échelle dans la douleur...
J'ai connu de nombreux deuils.
J'ai perdu un frère, mon père, un neveu, mes grands-parents, oncles, tantes, un compagnon, des amis... On trouve dans mes albums photo plus de souvenirs que de personnes en vie...
Chaque disparition m'a marquée à sa façon, aucun deuil n'est semblable. Les premiers décès sont quelque chose de terrible et je peux comprendre que certains soient totalement effondrés par la disparition de leur animal familier.
En effet, j'ai pour habitude de dire qu'il n'y a pas d'échelle dans la douleur et chacun va réagir selon sa propre expérience.
Je m'explique: en prenant les choses dans un ordre chronologique, je peux dire que j'ai autant souffert quand mon chat est mort que quand mon frère est mort. J'ai ensuite autant souffert de la disparition de mon neveu que de celle de mon frère... C'est avec le recul seulement et en l'ayant vécu que je peux dire que la mort de mon chat n'est rien par rapport à celle de ma fille.
Ce que je suis en train de dire peut vous sembler évident ou monstrueux (au choix) mais c'est le seul moyen que j'ai pour éclaircir un peu les choses. Dans le deuil, comme dans la douleur physique, on apprend à relativiser par rapport à sa propre expérience. Tout le monde a eu plus ou moins mal tout au long de sa vie mais certaines douleurs ne sont pas « imaginables » et ceux qui souffrent de colites néphrétiques me comprendront certainement...
Dans la mort d'un enfant c'est un peu la même chose...
Chacun pense être capable de comprendre car il projette ses propres angoisses mais aussi sa propre peine. A la mort de ma fille, certaines personnes qui n'avaient pas de « deuil référent » ont certainement autant souffert que moi. Pour autant, ces personnes ne peuvent pas comprendre ma douleur, même si la leur est très grande.
Il est très difficile de décrire cette douleur à quelqu'un qui ne la connais pas...
Ceux qui nous entourent en souffrent, se sentant impuissants alors qu'eux aussi sont blessés. J'ai utilisé une image que je vous laisse pour expliquer à quelqu'un à quel être présent est important (la personne devrait se reconnaître et je l'embrasse au passage):
« Ben c'est un peu comme croiser un Togolais perdu dans la neige sans parler Togolais... Tu va lui donner à boire et à manger, le réchauffer, lui tenir compagnie et ça c'est déjà énorme car c'est ce qui va lui sauver la vie... Mais tu ne le comprendras jamais ni l'aider à retrouver son chemin puisque tu n'arrives pas à savoir d'où il vient... Mais lui, une fois "retapé" il y arrivera peut-être... C'est ce que chaque jour vous faites, nous donner une nourriture de l'âme, nous réchauffer quand nous avons si froid... ».
Ca peut sembler un peu enfantin mais c'est ce que j'ai trouvé de plus parlant...
*Les premiers symptômes...
Comment survivre à son enfant?
Nous avons tous en nous un instinct de survie qui dépasse parfois de beaucoup notre simple volonté.
Nous avons des ressources que nous ignorions jusque là...
Ne me parlez pas de courage, il n'a rien avoir là-dedans. Il n'y a pas de volonté à proprement parler.
Le corps est incroyablement vide, atone.
Pour les femmes, ça ressemble un peu à cette sensation les jours qui suivent l'accouchement... Se sentir « vide », continuer à caresser son ventre alors qu'il n'y a plus rien dedans.
Une sensation d'apesanteur aussi... L'impression de ne pas vraiment être là, d'avoir un peu fumé la moquette.
Très souvent une incroyable froideur par rapport à cette mort. Et comme vous arrivez à dire calmement « mon enfant est mort », que vous ne pleurez pas, certains en profitent pour, eux, s'épancher... C'est bien souvent aux parents orphelins de se « mettre à la place de » et de finir par consoler...
Une froideur, comme un refus d'accepter cette évidence inadmissible...
Pour l'instant la tête semble suivre alors que le corps ne répond plus... Nausées, diarrhées, tremblements incoercibles, migraines effroyables... Le thermostat se dérègle, il fait chaud puis froid en une fraction de seconde...
Un étrange rapport avec l'eau aussi... On passe un temps incroyable sous la douche ou dans la baignoire...
Des horaires qui deviennent plus que fantaisistes pour manger, dormir, sortir... Le corps semble suivre son propre chemin, avoir prit son indépendance... Lentement on se demande si on ne devient pas fou...
Et puis on le devient...
On l'entend cet enfant...
On l'entend pleurer la nuit...
On entend clairement « maman » dans l'étouffement de la pénombre...
Et puis on le voit, juste une fraction de seconde... Mais on le voit quand même...
Ce sont de vraies hallucinations et c'est parait-il normal... Mais les médecins ont juste oublié de vous prévenir, préférant vous laisser la surprise...
Mais vous n'avez rien a craindre car tout le monde vous entoure...
*Comment vivre son deuil...
A cette question je dirai vivre tout court...
Les premiers mois sont passés, le choc de la nouvelle s'est dissipé...
P.Forrest a ces mots terribles mais qui sonnent incroyablement justes dans son livre « L'enfant éternel »:
« La mort d'un enfant est un spectacle rare. Vous faites salle comble. Vous jouez à guichets fermés.[...]Mais le rideau ne tombe pas. Faites un effort! La représentation s'éternise. Dans la salle on commence à siffler. Bientôt, on vous hue. ».
Oui, le deuil, le classique, celui que l'on connaît, refuse de se faire.
Non, on ne se laisse pas aller.
Oui, on sort, on s'amuse et on voit des amis.
Vous nous demandez de « tourner la page » avec souvent cet odieux chantage « faites le pour lui, pour elle... »...
Oui nous sortons mais le lendemain matin il manque quelqu'un à la table du petit déjeuner...
Non, faire un autre enfant ne change pas l'esprit et n'aide pas à « passer à autre chose ».
Non, nous ne nous complaisons pas dans le morbide mais devons vivre au quotidien avec notre petit fantôme...
Plus le temps passe, moins vous prononcez son nom...
Vous oubliez les dates...
Alors nous puisons dans nos souvenirs, vivons une partie de notre vie en parfaite autarcie, faite de dialogue avec l'enfant qui n'est plus...
Avec cette pointe de honte, de n'être pas « normale », tout simplement parce qu'on y arrive pas...
Définitivement, le plus dur, ce ne sont ni les premiers mois, ni la première année...
Il y a ceux qui pensent qu'il faut se « faire aider » et nous imaginent entourés de psy attentifs et disponibles 24h/24h...
Ben chez les psy aussi la mort des enfants est tabou...
Eux aussi ont des enfants et pas trop envie d'en parler...
L'aide?
Elle est chimique l'aide. Une camisole moderne faite de cachets multicolores...
Le « dialogue » est très vite coupé, c'est en gros la seule aide qu'ils ont à proposer.
Mais de nouveau le corps se défend et malgré la puissance des drogues, elles restent inefficaces...

A ceux qui lisent ces lignes je demande d'oublier les:
Il faut...
Je sais...
Je comprend...
Pense à elle...
Si elle te voyait...

A ceux qui lisent ces lignes, je demande de ne pas se mettre à notre place, vous ne le pourrez jamais... C'est en restant à la votre, là où nous avons l'habitude de vous trouver, que vous pourrez nous aider.
C'est en cessant d'arrêter de rire quand nous arrivons parce que nous avons besoin plus que quiconque de pouvoir rire encore et que nous aimons ça...
A ceux qui lisent ces lignes, ne nous demandez pas l'impossible...
Nous faisons tout ce que nous pouvons mais si ça vous semble bien peu vu de l'extérieur.
Il y aura toujours ce voile gris devant nos yeux à la sortie des écoles, quand une mère embrasse son enfant.
Toujours cette petite pointe d'envie de donner n'importe quoi pour être à sa place à elle, juste quelques secondes, sentir à nouveau son odeur...

Je vous laisse deux petits textes...
Un article:
« Fonder un nouveau départ.
Fonder un nouveau départ.
Les parents d'enfants morts le savent bien : devenir l'éducateur d'un enfant disparu sera le travail de toute leur vie.
Ils devront lui aménager sa juste place dans la famille, le laisser évoluer en eux, lui qui ne grandit plus mais grandit quand même ; ils devront, comme l'on devient parent d'un tout-petit, puis d'un écolier, puis d'un adolescent, ils devront devenir parent d'un enfant mort.
Eux qui avaient peut-être trois, quatre enfants, auront toujours ces enfants-là, le petit, le moyen, le grand, le mort.
Les relations parents-enfants continuent avec eux tous.
Il y a simplement moins de gens pour vous montrer la voie, et chacun sait qu'il doit tout inventer. Puiser en lui-même, puiser dans le bonheur entrevu ou accompli, les forces et la manière de fonder un nouveau départ avec les enfants qui ne seront plus jamais là. »Geneviève Jurgensen, extrait d'un article paru dans "La Croix" le 9 septembre 1996Et ce poème de Rita Moran:
«
Les mots exacts pour le dire.

Je vous en prie, ne me demandez pas si j'ai réussi à le surmonter,
Je ne le surmonterai jamais.
Je vous en prie, ne me dites pas qu'il est mieux là où il est maintenant,
Il n'est pas ici auprès de moi.
Je vous en prie, ne me dites pas qu'il ne souffre plus,
Je n'ai toujours pas accepté qu'il ait dû souffrir.
Je vous en prie, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens,
A moins que vous aussi, vous ayez perdu un enfant.
Je vous en prie, ne me demandez pas de guérir,
Le deuil n'est pas une maladie dont on peut se débarrasser.
Je vous en prie, ne me dites pas "Au moins vous l'avez eu pendant tel nombre d'années",
Selon vous, à quel âge votre enfant devrait-il mourir ?
Je vous en prie, ne me dites pas que Dieu n'inflige pas plus que ce que l'homme peut supporter.
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous êtes désolés.
Je vous en prie, dites-moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant, si vous vous rappelez de lui.
Je vous en prie, laissez-moi simplement parler de mon enfant.
Je vous en prie, mentionnez le nom de mon enfant.
Je vous en prie, laissez-moi simplement pleurer. »

Pour terminer je vais essayer de répondre à la question posée... Comment poursuivre sa vie après un deuil?
Je dirai bêtement:
Comme toute personne qui a été amputée... En boitant...
Et puis pour qu'il y ait un "après" deuil il faudrait qu'il puisse se faire ce deuil...

Et si vous avez des questions, je vous en prie, posez les... Rien n'est pire que le silence...  "
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MessagePosté le: Jeu 13 Sep - 11:58 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Autre texte rapatrié du fin fond du forum:

Le funambule Ecrit par Gislaine duboc (site allo le ciel)

"Quand je suis dans l’obligation d’informer mon interlocuteur de la mort de mon fils la réaction qui suit est souvent la même: « Oh pardon »  puis « Cela doit être terrible » enfin «  c’est le pire ». J’ai envie de lui dire : « Tais toi ! Ne mets pas des mots là où il n’y a n’a pas. Ne projette pas ta peur sur la mienne qui dort encore »
Comment partager cette souffrance ? La douleur est orpheline nous le savons tous.
J’ai cherché au plus profond de moi et j’ai trouvé cette métaphore : Le Funambule 
J’avance sur un fil, au dessus d’un gouffre géant tendu entre deux montagnes. Les consignes sont simples :
Surtout regarder devant soi
Ne jamais se retourner
Un pas après l’autre
Ouvrir grand les bras
Respirer lentement et……….
Sourire
Mais parfois je glisse et je tombe dans un gouffre sans fin.
La chute est vertigineuse, je m’étouffe et je crie, le monde s’obscurcit. J’essaie de m’accrocher au vent au vide... mais rien n’arrête cette descente aux enfers.
Pourtant, alors que la nuit s’engouffre au fond de moi ; un chien, un chat, un sourire, un je t’aime, un rayon de soleil, un rire d’enfant, me jettent une corde a laquelle je m’accroche désespérément.
Je m’agrippe  fermement à ce sourire, ce rire, cette vie qui m’appelle et je me hisse et remonte sur le fil de ma vie.
J’entends à nouveau cette petite voix qui me dit :
Surtout regarder devant soi
Ne jamais se retourner
Un pas après l’autre
Ouvrir grand les bras
Respirer lentement et……….
Sourire,  sourire
Pour laisser danser la vie"
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MessagePosté le: Ven 14 Sep - 12:28 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Dans psychologie.com, un témoignage dans un dossier sur le deuil, qui m'avait beaucoup intéressé avec des résonances personnelles:

Comment j’ai survécu au suicide de mon fils
Il y a vingt ans, Thomas, le fils adolescent de Lucie, s’est suicidé à la suite d’une dépression mal soignée. Pour nous, elle a accepté de replonger dans ces années de chagrin et de parcourir le chemin qui lui a permis de survivre.
Lucie
« Les premières années qui ont suivi la mort de Thomas, ma vie fut comme pétrifiée. J’étais dans un tel état de sidération que je me sentais hermétique à tout, bloquée, hébétée. Je ne ressentais plus rien si ce n’est cette immense souffrance qui congelait tout le reste. J’ai de terribles souvenirs de silence, comme si je n’avais plus rien à dire. Ma vie s’était arrêtée avec celle de Thomas, et je ne pouvais que serrer les mâchoires pour ne pas laisser filtrer mon désespoir. Toute vie et toute envie de vivre étaient bloquées en moi. Je ne vivais plus, je me contentais de survivre. La douleur était un animal féroce et affamé qui me sautait à la gorge de façon imprévisible, sans prévenir. Je marchais tranquillement dans la rue, ne pensant à rien sinon à mes courses puis, d’un coup, un souvenir émergeait, une image, une odeur, un son, et la bête féroce me sautait dessus. Bien sûr, dans ces moments-là, on pense à son propre suicide, juste pour que cesse la souffrance. Mais je ne pouvais pas imaginer infliger un tel choc à mon mari et à mon second fils. En tant que mère, je n’avais pas d’autre choix que de continuer.
Pourtant, lentement, après une parenthèse extrêmement douloureuse et très longue, la vie a repris. Bien sûr, ce n’était plus la même vie. J’étais modifiée, tellement violentée qu’il m’a fallu beaucoup de temps, beaucoup de gestes de mon entourage pour que je m’autorise à reprendre goût à la vie. Au début, ce nouveau sentiment et la douleur ont coexisté. Je pouvais faire illusion, être avec des amis, rire, parler, et dès que je me retrouvais derrière la porte, replonger dans la souffrance. Il m’a fallu faire un effort pour m’ajuster à cette nouvelle vie. Par exemple, au début, après que j’ai à nouveau eu envie de parler, je me suis rendu compte que mes paroles étaient toutes négatives. Je ne savais plus voir les choses de manière positive.
J’avais beau haïr les psychiatres qui avaient si mal soigné Thomas et qui n’avaient rien mesuré de sa détresse, j’ai fini par aller en voir un, une merveille d’humanité. Secrètement, j’espérais qu’il ressusciterait Thomas. Tout de suite, il a insisté sur l’impossibilité de réparer l’irréparable. Mais il m’a promis de m’aider à mettre de l’ordre dans mon chaos. Avec lui, j’ai appris à ranger ma vie, à y faire de nouveaux aménagements.
Lentement, la souffrance a cédé du terrain. Ma nouvelle vie s’est remplie d’activités nouvelles, d’amitiés, nouvelles aussi parfois. Du coup, avec le temps, je suis devenue une chasseuse expérimentée de la bête féroce. J’ai appris à la contrer quand j’étais avec les autres, pour faire illusion d’abord puis pour profiter des moments de bonheur.
Ensuite, j’ai su la dompter quand j’étais seule. Bien sûr, elle n’a pas disparu. Elle est juste tapie, endormie le plus souvent. Beaucoup de choses la réveillent encore : les dates notamment, les anniversaires de naissance et de mort, mais également les fêtes. Noël est devenu insupportable. Et ces événements heureux que Thomas ne connaîtra pas. Le mariage de son frère, la naissance de ses neveux…
Tout cela a constitué, pour moi, un immense bonheur tout en réactivant l’absence. C’est comme si, depuis la mort de Thomas, je pouvais connaître des moments de bonheur mais plus aucune joie pure, de celle que rien ne ternit. Il en va de même avec les souvenirs. Quand je pense à d’autres personnes que j’ai aimées et qui sont mortes, comme mes parents, je peux me souvenir d’elles ou de moments heureux sans être dans le chagrin. Ce n’est pas possible quand je pense à l’enfance de mes fils parce que le suicide de Thomas a rendu les souvenirs très cruels. Et le temps ne change pas grand-chose : cela fait plus de vingt ans et il n’y a pas un jour où je ne pense pas à lui. La souffrance liée à la perte ne peut jamais disparaître parce que je n’ai pas envie d’oublier. Et ne pas oublier, c’est continuer à souffrir.
Cependant, la vie a repris avec vigueur depuis la naissance de mes petits-enfants, et je me surprends, non sans bonheur, à rire d’une bêtise, à prendre les choses avec une légèreté qui m’avait complètement désertée. Je crois que l’amour que je porte à mes petits-enfants est pur, que j’arrive à ne pas les charger de l’angoisse qui m’étreint parfois, et qu’ils sentent combien je me trouve bien avec eux, paisiblement, comme avec mes meilleurs amis. L’amour et l’amitié dont je suis entourée sont ma force, me donnent le goût de vivre, et j’espère qu’à mon tour je donne un peu d’amour et d’amitié à mon entourage. »



 
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MessagePosté le: Ven 14 Sep - 18:04 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Yves Duteil         Nos absents nous accompagnent

Où s’en vont ceux qui nous manquent ? Nous accompagnons leurs corps jusqu’en terre et puis après ?... Nous fleurissons leur mémoire, nous leur parlons comme s’ils étaient encore là, quelque part, inaccessibles mais présents, bienveillants et sages. Que donnerait-on pour une réponse, un conseil de leur part, un mot pour dire… « Je veille sur vous » ? Et il nous suffit de les évoquer pour qu’ils nous sourient dans notre plus beau souvenir, de leur visage le plus lumineux. Nos absents nous accompagnent. On ne peut rien leur cacher puisqu’ils nous regardent avec nos propres yeux. C’est une étrange et intime conviction que l’on ne peut partager qu’avec ceux que l’on aime, dans la confiance de n’être pas raillé, mais, au contraire, conforté.

Ceux qui nous manquent remplissent le vide de leur absence par une présence silencieuse et tendre. Toujours disponibles, ils sont auprès de nous, derrière nos paupières closes, dans les moments de doute ou de peur, dans les joies profondes. Dans la douleur de les avoir perdus, il y avait cette impuissance à les retenir, à les aider, à les accompagner. Dans le chagrin de leur absence, on a le sentiment d’être guidés par eux, de leur conférer un rôle qu’ils n’ont ainsi jamais perdu. En fermant les yeux, ils nous laissent leur regard, à la façon d’une boussole. Peut-être ont-ils besoin eux aussi de nos pensées, de nos lumières, pour éclairer leur route ? Le chagrin n’est que le revers de l’amour. Mais c’est encore de l’amour. Qu’il serait « triste de n’être plus triste sans eux… ».

Au Panthéon de nos cœurs, nos absents ont toujours raison. Si l’on devait faire le portrait du bonheur, il aurait parfois le visage du chagrin, et la quiétude bienveillante de ceux qui nous ont quittés mais qui veillent sur nous tendrement. C’est une image apaisante pour s’endormir, pour s’orienter, ou se perdre dans leur sourire. Il y a un peu d’infini dans cet amour-là. Ceux qui nous manquent semblent si sereins, si proches, comme en apesanteur… Est-ce qu’ils trouvent en nous leur chemin vers ailleurs ? Alors les vivants deviendraient la maison de ceux qu’ils ont aimés. Et si un jour ils n’existent plus pour personne, auront-ils vraiment disparus ? Se sentir aimé de son vivant, c’est savoir qu’il existe quelque part un après, un moyen de poursuivre la route ensemble. L’absence n’est pas qu’un vide. C’est aussi de l’amour qui nous accompagne. Servir encore, être utile à quelqu’un… Un beau destin pour nos absents…
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MessagePosté le: Ven 14 Sep - 18:09 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Auteur inconnu:


" Perdre quelqu'un qu'on aime, c'est perdre une partie de soi même.
Bien sûr, ceux que nous aimons ne nous appartiennent pas mais notre coeur leur appartient ...
Celui que tu aimes fait partie de Toi.
Le perdre, c'est souffrir dans ton corps.
Cette blessure en toi est aussi tangible que le vide que tu ressens autour de toi.
Tu te demandes si tu auras la force de marcher dans un monde où la personne aimée ne laissera plus jamais ses empreintes.
Tu te demandes comment la Terre peut continuer de tourner alors que ton univers s'est arrêté.
Tu parles en silence le langage des larmes, et ton coeur s'efforce de comprendre ce que personne ne peut comprendre.
Les pensées spirituelles, les convictions religieuses,
La philosophie, sont impuissantes à guérir tes blessures.
Mais le pouvoir de l'Amour te réconfortera.
Tu trouveras l’Amour dans le cœur de ceux qui t’entourent et qui se préoccupent de toi.
Ceux qui ont traversé le pays des larmes où tu te perds aujourd’hui te montreront le chemin.
Le soleil se lèvera chaque jour et, chaque nuit, la lune et les étoiles brilleront dans le ciel.
Tu entameras le rituel sacré du souvenir.
Le chagrin deviendra ton compagnon de route…
Il nourrira cette partie de toi qui sais ce que signifient compassion, force et profondeur.
Ton chagrin te donnera le courage d'affronter les défis les plus exigeants de la vie ...
De savoir accepter ce que donne la vie et ce que la vie reprend....
De savoir accepter les mystères qui font partie intégrante de la vie.
Un beau jour, la paix reviendra.
Peut-être la paix reviendra-t-elle dans un timide rayon de soleil
À travers la fenêtre close.
Peut-être la paix reviendra-t-elle dans le chant d’un oiseau.
Avec le temps, le voile du chagrin se lèvera.
La paix reviendra dans ton cœur…et tu sauras que l’amour partagé est un don du ciel qui ne meurt jamais.
Tu sauras que l’Amour partagé est la plus précieuse et la plus sacrée de nos richesses en ce monde.
Cet Amour est éternel. "
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MessagePosté le: Sam 15 Sep - 01:21 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Pas de commentaires...aucun nouveau texte... je ne sais pas si ça vaut le coup que j'en ajoute, des textes!
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MessagePosté le: Sam 15 Sep - 12:59 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

tous ces textes sont terriblement 'beaux' ; ils sont, chacun à leur façon, terriblement poignants !
il est si profitable, le partage que tu nous fais là !
je passe pas bcp de temps sur le forum, ces temps/ci ...
j'avais réagi une fois (je sais plus où? p'tètre sur mon fil?) au : "Funambule"......

c'est exactement comme ça que je le vois : la difficile recherche de l'équilibre......

ça me donne envie, ces textes, de lire du philippe Forrest; j'ai lu bcp... énormément; mais pas lui ;

je t'envoie toutes mes pensées; à toi et ta fille !
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MessagePosté le: Sam 15 Sep - 13:17 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Oui, Cécile, c'était sur le "funambule", texte que j'ai rapatrié ici, pour les avoir tous sous les yeux en cas d'envie de relecture.
J'ai mis seulement les textes qui m'avaient touché.... poignants, c'est sûr...mais qui m'ont  aussi permis de réfléchir à un autre aspect du chemin de deuil...
Philippe Forest... puissante écriture... ça remue, ça brasse, ça pulse...
Je lis moins... en fait en ce moment ,je relis...
Pensées pour COBRA.... et tout est dit...
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MessagePosté le: Sam 15 Sep - 20:38 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Si si continue Anne ! les textes sont long à lire, ils sont beaux, et ils demandent réflexion pour faire une remarque ensuite... mais t'inquiète, on les lit !!!!
merci
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Je voulais simplement te dire
Que ton visage et ton sourire
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à Rémi et Amélie....


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MessagePosté le: Sam 15 Sep - 21:04 (2012)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil Répondre en citant

Le funambule est vraiment une très belle "image" je trouve....

et ces quelques lignes "« Ben c'est un peu comme croiser un Togolais perdu dans la neige sans parler Togolais... Tu va lui donner à boire et à manger, le réchauffer, lui tenir compagnie et ça c'est déjà énorme car c'est ce qui va lui sauver la vie... Mais tu ne le comprendras jamais ni l'aider à retrouver son chemin puisque tu n'arrives pas à savoir d'où il vient... Mais lui, une fois "retapé" il y arrivera peut-être... C'est ce que chaque jour vous faites, nous donner une nourriture de l'âme, nous réchauffer quand nous avons si froid... »."
je trouve que ça exprime vraiment....

Et ce passage "Comme toute personne qui a été amputée... En boitant..."


ça me fait penser à ma soeur de coeur, qui voulait devenir Ergothérapheute. Et comme je l'ai fais remarquer à sa maman, je suis sûre que c'était en rapport avec son frère disparu, elle était amputée de quelque chose (de son frère) et elle voulait, en aidant les personnes handicapées physiquement, prouver qu'ils pouvaient réussir à vivre leur vie, et par la même occasion elle pouvait elle aussi réussir à continuer sa vie.... Malheureusement elle n'a pas eu le temps de mettre son envie en application.... car je suis sûre que c'est parce que son frère est mort qu'elle avait choisit cette voie.....

"Et si vous avez des questions, je vous en prie, posez les... Rien n'est pire que le silence...  "

cette phrase me "rassure"... Je sais au moins que l'on peut, que l'on doit ?) vous parlez d'eux, vous questionnez sur eux.......  Et d'après d'autres choses que j'ai pu lire dans ces articles, il faut que nous vous parlions d'eux, encore et toujours, pour vous montrer qu'on les aime toujours, qu'on ne les oublie pas, jamais ! comme les dates anniversaires, naissance ou décès..... J'essaye de toujours garder contact, de toujours faire un petit mot lors de ces dates-là, mais j'ai souvent très peur de faire mal, de rouvrir la cicatrice....
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:15 (2016)    Sujet du message: Textes sur la mort et le deuil

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